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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /2006 08:38

par Gilbert Lagrue - SPS n° 273, juillet-août 2006

Le rapport INSERM sur le trouble des conduites chez l?adolescent est le fruit d?une expertise collective faite à la demande de la Caisse nationale d?assurance maladie des professions indépendantes (CANAM) avec l?objectif d?en améliorer le dépistage, la prévention et la prise en charge et parallèlement de décrire les recherches nécessaires pour une meilleure connaissance des causes et des mécanismes de ce trouble. Un groupe pluridisciplinaire a été constitué, représentant la psychiatrie, la psychologie, l?épidémiologie, les sciences cognitives, la génétique, la neurobiologie? Le point a été fait sur l?ensemble de la littérature internationale, médicale et scientifique sur ce thème.

Pour l?avenir de ces adolescents, l?importance de ce trouble a été soulignée. Les caractéristiques en ont été décrites et des actions ont été proposées pour le dépistage et une prise en charge, permettant d?améliorer le pronostic. Ces troubles des conduites (TC) sont souvent intriqués ou associés à d?autres troubles du comportement : le trouble oppositionnel (TO), le trouble d?hyperactivité avec trouble de l?attention (THADA), réunis sous le nom de troubles extériorisés, car ils s?accompagnent d?anomalies comportementales visibles. Ils sont importants à reconnaître, car ils peuvent avoir des conséquences importantes sur l?évolution personnelle (échec scolaire), familiale, sociale et également, ce que nous développerons dans cet article, sur la survenue fréquente de dépendances aux substances psychoactives, tabac, cannabis et autres?

Les TC et les TO de l?enfance peuvent constituer une étape vers l?apparition ultérieure de comportements graves avec agressions physiques vis-à-vis d?animaux ou de personnes, destruction de biens matériels, fraudes et vols, violations des règles sociales. À 15 ans peuvent se trouver réunis les critères de la personnalité antisociale, avec un comportement caractérisé par le mépris et la transgression des droits d?autrui et des conséquences sociales graves.

Les premières manifestations peuvent apparaître tôt dans l?enfance, dès 3-4 ans ; plus leur apparition est précoce, plus graves sont les conséquences. La fréquence de ces troubles à 10-12 ans est évaluée de 5 à 9 % selon les études ; ils surviennent deux fois plus souvent chez les garçons que chez les filles. Ces chiffres apparaissent très élevés ; ils ont cependant été établis avec les critères rigoureux du DSM (voir ci-dessous).

DSM : « Diagnostic and Statiscal
Manual of Mental Disorders »
Cette classification des troubles psychiques a été élaborée par l?Association Américaine de Psychiatrie, à partir des avis de plusieurs centaines de psychiatres. Elle est fondée sur la description et le regroupement de symptômes ; elle a pour objectif de fournir un outil de travail pour la recherche clinique et les essais thérapeutiques, afin que les études pratiquées puissent être confrontées entre elles. Elle a été très critiquée, surtout dans notre pays, avec l?argument que les troubles mentaux sont trop variables d?un cas à l?autre pour pouvoir être classés, mais actuellement elle est universellement admise et utilisée.

Les données françaises (M. Choquet : ESPAD 2003) concernent les conduites violentes (bagarres), les vols, la violation des règles. La prévalence augmente de 12 à 16 ans, puis diminue progressivement jusqu?à 20 ans ; elle varie suivant le statut familial et social. Les résultats sont globalement semblables à ceux d?autres pays.

Ce rapport souligne bien la possibilité de prévenir les conséquences de ces troubles grâce à un dépistage et une prise en charge précoces.

Des réactions très vives

Prenant en compte ces faits, le gouvernement a mis en place un plan de prévention des conséquences sociales (en particulier la délinquance) fondé sur le suivi avec un carnet de comportement. Tout ceci a suscité des réactions violentes, avec signature d?une pétition stigmatisant l?ensemble du rapport. On parle de « transformer les écoles en caserne », de « dénicher à la crèche les voleurs de cube ou les babille urs mythomanes », de « dérive sécuritaire »? ; on fait appel à l?opinion publique, on cherche à alarmer les parents, les écrits sont dénaturés avec des extrapolations injustifiées ; l?accusation a été portée de « droguer nos enfants, bien entendu au profit de l?industrie pharmaceutique ». Si les auteurs de ces critiques avaient étudié le rapport, ils auraient pu lire que le traitement pharmacologique du trouble des conduites peut intervenir en seconde intention. Ce chapitre représente 30 pages sur plus de 300.

Des réponses claires et précises à ces critiques ont heureusement été faites : par exemple l?article de Martine Perez dans Le Figaro du 24 mars 2006 et surtout la mise au point du Professeur Philippe Jeammet dans Le Monde du 22 mars 2006 ; cette dernière a d?autant plus de poids que le Professeur P. Jeammet est un des pédopsychiatres de référence en France. On retrouve pour ce problème, les mêmes positions passionnelles
que celles suscitées par Le Livre Noir de la Psychanalyse. Ceci traduit le retard de la France en ce domaine par rapport aux pays anglo-saxons. Il n?est que de parcourir la bibliographie très complète des chacun des chapitres de ce livre, pour constater que les références aux travaux français sur ce thème sont très rares.

Les principaux points de l?étude de l?INSERM

Une lecture attentive de l?expertise INSERM permet de souligner les points principaux suivants :

? Le concept de troubles renvoie à un ensemble de perturbations, caractérisées par un dysfonctionnement comportemental, relationnel et psychologique d?un sujet, en référence aux normes attendues pour son âge.

?L?expression clinique du TC, du TO et du THADA souvent associés est fonction de l?âge du sujet. « Les comportements d?opposition et d?agressivité prédominent dans la petite enfance et tendent à diminuer ultérieurement ». Dans les deux tiers des cas, le diagnostic posé dans l?enfance est retrouvé à l?adolescence.

? Les facteurs responsables sont multiples, familiaux, sociaux et génétiques : le facteur héréditaire est multigénique, influençant l?expression de nos émotions. « Elles surgissent du plus profond de notre cerveau biologique ; plus elles sont intenses, plus elles sont difficiles à contrôler, principalement les émotions négatives, de rage, de peur, de colère. On devient alors dépendant de l?environnement qui les suscite », (Professeur Jeammet). En l?absence d?une intervention spécifique des adultes, parents, enseignants, éducateurs, personnel de santé, ces enfants émotionnellement vulnérables deviennent rapidement prisonniers de leurs réactions affectives. Il y a un continuum entre le normal et le pathologique ; la frontière s?établit à partir du moment où le trouble se pérennise et a des conséquences sur la vie familiale, la scolarité et ultérieurement la vie sociale.

? Chez les adolescents et adultes jeunes, ayant des conduites à risques pour eux-mêmes, en consommant des substances psychoactives, ou vis-à-vis de la société avec agression, vols, délinquance, on retrouve avec une fréquence significative dans les antécédents, des troubles du comportement, anciens, remontant à l?enfance, en particulier le TC (30 à 60 % des cas).

Fondé sur les critères du DSM, un dépistage précoce est possible

Il repose sur les observations faites par les parents et les enseignants et secondairement sur l?intervention des psychologues, pédiatres et pédopsychiatres auprès de ces derniers. Pour les plus âgés, ceci est complété par des questionnaires validés. Ainsi la nature et l?importance du trouble et son association à d?autres perturbations psychologiques pourront être précisées.


Science et politique
Le gouvernement met en place, par l?intermédiaire de son ministre de l?intérieur Nicolas Sarkozy, un « plan de prévention de la délinquance ». La décision politique que le gouvernement entend prendre relève de choix qui sont les siens, et que tout citoyen ou tout parti politique est en droit de critiquer (ou d?approuver). On peut y dénoncer le côté sécuritaire, regretter que la répression prenne le pas sur la prévention et les moyens de cette prévention. Mais l?amalgame avec le rapport de l?Inserm est la confusion que nous souhaitons dénoncer. « Un rapport hallucinant sur les jeunes et la délinquance, qui est la principale source d?inspiration du projet de loi de Sarkozy » affirme le site re-so.net, site « anti-sarko » [1]. Qu?est-ce qui permet d?affirmer cela ? La simple lecture du projet de loi suffit pour se rendre compte que les mesures proposées (d?ordre social, judiciaire, des compétences des différentes collectivités, des sanctions) ne sont absolument pas évoquée dans le rapport de l?Inserm. Et en supposant un tel lien (qui reste à prouver), qu?est-ce qui permet de déduire un biais idéologique du rapport de l?Inserm ? C?est un raccourci en forme d?amalgame : le rapport de l?Inserm, s?il doit être critiqué, ne peut l?être que sur les affirmations et les résultats scientifiques qu?il énonce, ou sur la méthode qui a été mis en ?uvre, mais pas sur le fait qu?un ministre prétende s?en servir comme alibi à des décisions d?ordre politique, ou plus exactement, qu?on attribue à un ministre cette légitimation par le rapport Inserm, légitimation que l?intéressé n?a pas formulée lui-même. L?appel des « collectifs AntiSarko contre le projet de loi de prévention de la délinquance » illustrait son texte (qui ne mentionne nulle part le rapport de l?Insem) avec l?image d?un bébé sur fond du logo Inserm, avec le sous titre « cet enfant est un sataniste potentiel ». Amalgame trop voyant ? Une nouvelle illustration ne mentionnant plus l?Inserm a pris place.
Jean-Paul Krivine

L?étude du contexte social et familial est essentielle ; il joue un rôle très important dans la survenue et l?extériorisation des troubles.

Des facteurs génétiques et périnataux doivent être recherchés : troubles psychopathologiques familiaux et consommation de substances psychoactives par la mère pendant la grossesse. Ce dernier facteur a été plus récemment reconnu ; il peut modifier le développement cérébral du f?tus et influencer à long terme le devenir neurocomportemental de l?enfant :

? Le tabagisme maternel est associé significativement à la survenue d?un TC et/ou d?un THADA à l?adolescence, principalement chez le garçon et à une dépendance tabagique précoce chez la fille.

? L?utilisation du cannabis par la mère enceinte peut être à l?origine de troubles du comportement chez l?enfant, en particulier l?impulsivité et un défaut de l?attention.

? L?usage de cocaïne apparaît très dangereux, avec augmentation de l?ensemble des troubles extériorisés à l?adolescence.

Des actions de prévention peuvent être mises en ?uvre

Elles sont de plusieurs types en fonction des facteurs de vulnérabilité présents. La « prévention sélective » porte sur des groupes à risques en raison de facteurs sociaux et familiaux : zones urbaines sensibles, situation de précarité, alcoolisme familial?La « prévention indiquée » cible des sujets présentant des facteurs de risques individuels ou en manifestant les premiers symptômes : jeunes en échec scolaire, comportement agressif?

Les programmes utilisés ont toujours de multiples facettes ; ils ont surtout été réalisés dans les pays anglo-saxons (États-Unis, Canada) et scandinaves. Des critères très précis ont été établis, longuement détaillés dans le rapport. Ils visent à réduire les difficultés scolaires, l?agressivité, la violence et à plus long terme, la délinquance. Ils agissent à la fois sur l?environnement, enseignants et parents, sur les « pairs » et sur les enfants eux-mêmes.

Il ne s?agit donc pas de détecter de « futurs délinquants », mais d?étudier les facteurs de vulnérabilité qui risquent d?aboutir plus tard à la consommation de drogues et aux conduites antisociales, et d?intervenir de façon précoce pour tenter de les prévenir. C?est là ce qui ressort d?une lecture attentive et objective de cette expertise.

Les stratégies proposées reposent sur des données bien établies et validées, principalement aux États-Unis et au Canada. Les résultats ont été publiés par rapport à des groupes de contrôle et dans deux tableaux (p. 314-315) : les résultats de 12 interventions sont résumés. Par exemple le « Montreal Prevention Experiment » utilise simultanément chez des enfants de 7-9 ans des actions générales parents-enseignants et des actions individuelles, fondées sur des stratégies comportementales et cognitives : apprentissage des compétences sociales, gestion du stress, gestion des émotions, gestion de la colère. La « Preschool Curriculum Study » propose un programme similaire dès 3-4 ans. Les résultats obtenus chez les adolescents de 10-15 ans sont très positifs : diminution des comportements agressifs et des bagarres, moins d?actes de délinquance, moins d?abus de substances psychoactives. Ces interventions sont d?autant plus efficaces qu?elles interviennent plus précocement, dès 3 à 4 ans.

Dans l?étude des facteurs psychopatholologiques associés à la dépendance tabagique, les travaux ont initialement porté sur les troubles intériorisés ; le rôle des états anxieux et dépressifs a bien été mis en évidence. Les troubles extériorisés occupent également une place importante, en particulier dans les stades d?initiation ou du passage au tabagisme.

Le trouble des conduites avec manifestations de personnalité antisociale est associé à l?adolescence à l?usage régulier du tabac, du cannabis et de l?alcool avec un risque multiplié par 4. Ce trait persiste chez l?adulte où il est retrouvé pour le tabagisme avec forte dépendance, pour l?alcoolodépendance, avec dans ces cas, un mauvais pronostic pour le sevrage.

Chez des enfants de 11 ans, l?existence d?un TC ou d?un TO, multiplie par 2 à 3 la probabilité à l?âge de 14 ans d?un usage régulier du tabac, de l?alcool et surtout du cannabis. Chez des adolescents de 14 à 16 ans, la probabilité de l?évolution de l?essai de la cigarette vers la dépendance dix ans plus tard est multipliée par 1, 3 pour les troubles intériorisés, par 16 pour les TC avec les symptômes de la personnalité antisociale.

Le THADA, associé dans plus de la moitié des cas aux TC, peut se poursuivre chez l?adolescent et l?adulte. Il prédispose lui aussi à l?usage de substances psychoactives, principalement le tabac et le cannabis, avec un risque multiplié par plus de 2.

Parmi les usagers des drogues « dures », héroïne, cocaïne? le trouble psychologique le plus souvent retrouvé (>50 % des cas), est la personnalité antisociale. Les polyconsommations, alcool, tabac, cannabis, sont significativement associées chez des adolescents de 12-20 ans à des conduites d?agression (bagarres), de vol et de destruction, de violations de règles établies (absentéisme scolaire, fugues) [2].

Ainsi les manifestations des troubles extériorisés, qui débutent dès l?enfance, peuvent se poursuivre chez l?adolescent et l?adulte jeune où il est associé de façon très significative à l?usage des drogues licites ou illicites.

La question alors posée est de savoir si la prise en charge précoce des TC, des TO et du THADA, dès la première enfance, pourrait éviter le début de la consommation de substances psychoactives à l?adolescence, comme elle semble capable de réduire la survenue de troubles du comportement aux conséquences graves.

Dans les 12 programmes de prévention étudiés dans les tableaux des pages 314-315, 4 d?entre eux ont évalué les résultats à 14-17 ans ; tous les 4 indiquent que ces adolescents consomment moins de tabac, d?alcool et de drogues illicites.

Ainsi ces actions précoces de prévention, fondées sur des apprentissages de comportement et de pensées, apparaissent capables d?éviter de graves troubles sociaux ultérieurs et de réduire le risque d?usage de drogues licites et illicites, avec tout le cortège de souffrance que cela représente pour le sujet et pour son entourage. Malheureusement le retard de notre pays en ce domaine est très important, malgré le rapport du Professeur Tubiana [3].

Bases neurobiologiques

Certaines caractéristiques du développement cérébral permettent de distinguer deux périodes essentielles dans l?évolution des comportements :

La période initiale, avant 3-4 ans est celle au cours de laquelle se mettent en place les réseaux neuronaux dont le développement peut être modulé par les stimulations extérieures et où certains réflexes conditionnés peuvent être acquis. Les actions de prévention devraient idéalement intervenir dès cette période, car l?apprentissage des comportements adaptés a les plus grandes chances d?efficacité, s?il intervient pendant cette période de structuration du cerveau. En France, l?existence des écoles maternelles constitue un atout considérable pour la mise en place de ces mesures de prévention. C?est l?âge et le lieu où l?on peut enseigner aux enfants les premières règles de la vie en société, la maîtrise de soi, la résistance aux pulsions et aux sollicitations extérieures, la confiance en soi, la gestion du stress et des émotions.

La seconde période se situe entre 15 et 20 ans ; il existe alors un asynchronisme dans la maturation et les fonctions de certaines zones cérébrales ; l?amygdale, zone limbique, siège des émotions et le cortex visuel arrivent à maturité vers 16-18 ans ; au contraire le cortex préfrontal, qui contrôle le comportement et les émotions, a un développement retardé qui se poursuit jusqu?à 20-21 ans. Il y a donc une période de quelques années où l?adolescent est plus vulnérable, sensible à toutes les incitations extérieures, aux messages sensoriels, source d?émotion et de pulsion mal contrôlées. Le début de l?usage des substances psychoactives se fait presque toujours avant 20 ans.

En conclusion

En conclusion, l?attitude négative prise par les auteurs de cette pétition est véritablement un procès d?intention risquant de retarder la mise en place de stratégies ayant fait leurs preuves dans d?autres pays, l?« Evidence Based Prevention ». Bien évidemment, il faut « éviter de tomber dans des dérives toujours possibles ici ou là, mais qui nous menacent moins que le laisser-faire d?aujourd?hui ». (P. Jeammet).

Bibliographie

Choquet M. La violence scolaire à l?école à partir de l?enquête ESPAD, 2003, in « Troubles des conduites chez l?adolescent » ; p : 397, 1 vol. INSERM, 2005.

Clark D. Childhood antisocial behaviour and adolescent use disorders. Alcohol Research and Health, 2002 ; 26 : 109-113.

Lagrue G. Développement des addictions chez les adolescents : Rôle de la vulnérabilité psychologique. Alcoologie et Addictologie, 2005 ; 27 : 47-51.

Tubiana M., Arthus M., Jeammet P.

Rapport sur la santé mentale des enfants des enfants d?âge scolaire. Bull. Acad.


Gilbert Lagrue est professeur honoraire à l?Hôpital Albert Chenevier de Créteil, Centre de Tabacologie. Il a créé une des premières consultations de Tabacologie en France, en 1977. Il a publié en 2004 Comment arrêter de fumer ?, Editions Odile Jacob (en collaboration avec les Docteurs Henri-Jean Aubin et Patrick Dupont. Science et pseudo-sciences a déjà publié un autre article de Gilbert Lagrue : « Tabagisme et médecines douces » (SPS n° 258, juillet 2003) et « Tabacologie et psychanalyse » (SPS n°271, mars 2006).


[1] http://www.re-so.net/article.php3 ?id_article=2522

[2] Source : M. Choquet.

[3] Académie de Médecine, 2003.

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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /2006 11:31

ACTUALITE - POLITIQUE -  ACTUALITE - POLITIQUE -ACTUALITE - POLITIQUE

Prévention de la délinquance

Devant la mairie de Marseille, le mardi 10 novembre 2006, comme dans plusieurs villes du pays, les professionnels étaient mobilisés contre la future loi sarkozyenne.

« Avec cette loi, on passe du statut d'éducateur à celui d'indicateur ; la régulation sociale est transformée en contrôle social, toute marge éducative disparaît. Je travaille aujourd'hui avec un juge des enfants et mon futur interlocuteur devrait être le maire. Tout ce projet est une porte ouverte à la remise en cause de la justice adaptée pour les mineurs. Je suis ici pour faire passer ce message à celui ou celle qui sera élu en 2007. » nous dira Vincent Massai, éducateur spécialisé à la protection judiciaire de la jeunesse de Marseille et syndiqué au SNPES, qui était présent avec plus d'une centaine de travailleurs sociaux, hier midi, devant la mairie.

contre la délation

À l'appel d'e nombreux syndicats et associations, ils s'étaient rassemblés pour protester contre la nouvelle loi Sarkozy de prévention de la délinquance, déjà votée au Sénat, qui fait la clé de voûte de toute la politique qu'ils ne peuvent plus qualifier de préventive.

« Dès qu'un travailleur social va repérer un problème chez un jeune ou une famille, il devra en rendre compte au maire, dont le pouvoir de police sera renforcé au détriment de l'aide sociale et de sa fonction de magistrat au service de tous les citoyens », estime ainsi Henri Saint-Jean, formateur et responsable CGT action sociale. « Ce projet fait de tout citoyen un coupable potentiel, fiché... C'est une révolution philosophique de la fonction du travailleur social. Ce projet est le fruit d'une volonté politique : celle d'un ministre candidat qui veut placer la sécurité au centre des débats, avec les effets que l'on a vus en 2002, en occultant les droits au travail, au logement et à la santé. »

pour l'action sociale

Cette loi effraie même les futurs professionnels aujourd'hui en formation, telle Sophie, étudiante en 2e année pour devenir éducatrice jeunes enfants. « Ce projet s'attaque à la crédibilité du travail social qui est bâtie sur la confiance, explique-t-elle. En remettant en question notre secret professionnel, c'est toute l'éthique de nos métiers qui est jetée à terre. »

Éducatrice spécialisée de nuit à l'Association pour la réadaptation sociale (ARS) de Marseille, Laura ne dit pas autre chose : « On n'est pas des indics de police. Il est déjà difficile d'entrer en contact avec un public en rupture, ce sera encore plus compliqué avec cette loi. Or, si ce lien, souvent le seul, est rompu, la personne risque de tomber dans une marginalisation plus grande encore. Je suis présente aujourd'hui pour protester contre la stigmatisation grandissante des populations défavorisées, une vision simpliste et dangereuse des choses. »

« La véritable prévention, c'est l'action sociale, rappelle Me Rémy Cuisiniez, représentant du Syndicat des avocats de France. Nous, avocats, sommes sensibilisés à ces questions de secret professionnel et sommes à vos côtés pour lutter contre ce projet particulièrement délétère. » Les manifestants ont annoncé qu'ils allaient faire écrire en masse aux parlementaires et au premier ministre pour souligner les dangers portés par cette loi en leur demandant de ne pas la voter.

« Personne ne veut de ce projet, ni les professionnels, ni les associations, pas plus qu?une majorité de maires de droite. Cette loi, c'est 51 articles qui partent dans tous les sens, un texte vite fait et mal fait », constatait Marie Arlette Carlotti, vice-présidente du Conseil général, en charge de la protection de l'enfance, et députée européenne (PS), venue soutenir les manifestants. « Les gens doivent comprendre que ce texte n'est pas une solution à la délinquance dont ils souffrent parfois, mais un retour en arrière pour les libertés individuelles. Nous allons maintenant relayer politiquement ce message. »

Marc Leras

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Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /2006 19:57

Le blog de Wimille est ouvert...

D'un seul clic sur le lien, dans la colonne de gauche, vous pourrez vous y rendre et visionner les quelques photos de la soirée des étoiles

 

 

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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 10:16

Le Blog de LAFOND est ouvert.

Bientôt, en direct, vous recevrez des informations concernant la construction de la navette spatiale.

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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /2006 01:06

Une photo de l'assistance de la première nuit des étoiles au café-théatre trouvée sur le site de Wimille.

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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /2006 22:42

Le show d'expression corporelle de "Bienvenu"

 

 

 

 

 

Photos "récupérées" sur le site de Wimille

 

 

 

 

 

 

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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /2006 22:43

L'envoyé de Marine Wimille était là!

E.T. de retour à la Maison des Enfants de la Marine ! ! !

 

Ce vendredi 17 Novembre, aprés la soirée de contes africains, de charmantes ambassadrices nous ont annoncé la présence d'un extra terrestre à l'Auberge ! !

 

 

  En effet, E.T. était là et nous avait préparé un repas cosmopantagruelique !

              

   Et quel repas !

 

    

 

 

 

...A ce qu'il parait, il aurait demandé l'asile politique pour rester à la Maison des Enfants de la Marine !...

Le comité des sages terrestres doit se réunir prochainement pour étudier cette demande.

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Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /2006 10:50

La ferme de Bertinghen a désormais son blog


Vous pouvez aller sur ce blog en cliquant sur le lien en haut à gauche, dans la colonne prévue à cet effet, ou sur ce dernier:

http://lafermedebertinghen.over-blog.com

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Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /2006 06:14
Inauguration d'un des plus grands télescopes du monde au Mexique

AP | 23.11.06 | 04:34


MOEV106-1122062041
MEXICO (AP) -- Le président mexicain Vicente Fox a inauguré mercredi un télescope géant qui permettra aux astronomes d'observer des phénomènes jusqu'à 13 milliards d'années en arrière et découvrir de nouveaux indices de la création de l'univers.
Le télescope a été placé à 4.500 mètres d'altitude, au sommet de la Sierra Negra, un volcan situé dans l'Etat de Puebla, au centre du pays. Il s'agit du plus grand télescope de ce type au monde.
Ressemblant à un gigantesque satellite plat, le télescope blanc, doté d'une antenne de 50 mètres, a coûté 120 millions de dollars (93 millions d'euros). Il sera capable de détecter des ondes radio qui circulent dans l'espace depuis 13 milliards d'années. Les astronomes pourront utiliser ces informations pour établir des cartes plus détaillées des étoiles et des galaxies, telles qu'elles existaient peu après le Big Bang. Le coût total du télescope
"Nous sommes devant un travail énorme, un travail qui a une importance internationale fondamentale, et qui place le Mexique à l'avant-garde scientifique et exploratrice de ce domaine, comme il l'est sur d'autres fronts scientifiques", a déclaré Vicente Fox.
La majeure partie du financement du projet vient du département américain de la Défense. Malgré les inquiétudes de certains Mexicains, les scientifiques des deux pays ont assuré que le télescope n'avait aucune vocation militaire. AP
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Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /2006 11:01

Cher Monsieur LEGROS,

J'ai découvert, il y a quelques jours le nouveau blog de la Maison des Enfants de la Marine.

Je tiens à féliciter sincérement l'auteur de ce trés beau blog; M. Erice LEGROS, les éducateurs et éducatrices ainsi que les enfants qui ont contribués à  son montage, aux photos, aux articles.

Trés complet, je n'ai pas encore tout lu, ce que je manquerai pas de faire dans les prochains jours.

Un grand bravo à  tous.  Je souhaite à  ce blog une pleine réussite et  longue vie.

Avec mon cordial souvenir à  tous,

Philippe SENECHAL

 

P.S.; je profite de ce courriel pour vous remercier ainsi que le président QUERE de votre invitation au vernissage de l'exposition "Itinérances". Je ne serais pas rentré de mes vacances et je vous prie de m'y excuser au vernissage. j'ai vu l'élaboration de cette exposition dans la serre il y a quelques jours. je ne manquerai pas à  mon retour de la visiter.

Cordialement à vous

Philippe SENECHAL

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Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /2006 06:44

Le Président du Conseil d'Administration, Noël Quéré, le Conseil d'Administration, le Directeur, Eric Legros, les jeunes et Carl Cordonnier, photographe vous invitent au vernissage de l'exposition

   itinérances 

le jeudi 30 novembre 2006 à 18 H 00

à la Maison des Enfants de la Marine

 Saint Martin-Boulogne

Le chemin n'existe pas, nous dit le poète, le chemin se fait en marchant.

Ce qui compte c'est ce que nous ferons ensemble.

Le projet est finançé par le Conseil Général du Pas de Calais

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Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /2006 20:15
Enfants de la rue : De l'innocence à la menace sociale...

Le problème des enfants vivant dans la rue est un phénomène social très préoccupant pour l'ensemble de nos nations, les plus riches comme les plus pauvres.

Cette réalité n'a pas de frontière aujourd'hui. Elle a subi des mutations diverses et s'est davantage complexifiée par une constellation de facteurs macrosociaux récurrents ou émergents. Dans les lignes qui suivent, Naba Jérémie Wangré s'appesantit sur ce phénomène. La grande interrogation de tous les pays concernés reste la stratégie efficace de réduction du phénomène à des proportions acceptables. De tout temps, les Etats ont élaboré et appliqué des stratégies, des associations multiples, ont fait des efforts, mais le constat qui se dégage est l'augmentation du phénomène, doublée de la précocité de l'âge d'entrée dans la rue, et la tendance à l'enracinement d'un grand nombre d'enfants dans cet espace social. Face à cette situation, on est en droit d'interroger non seulement la stratégie d'intervention mais surtout les logiques sociales qui déterminent ce phénomène.

Considéré comme un véritable "fléau social", le phénomène des enfants vivant dans la rue est devenu mondial. Il est estimé aujourd'hui à 120 millions, par des études conjointes du BIT (Bureau international du Travail) et de l'UNICEF le nombre d'enfants qui vivent dans la rue ; la moitié de ces enfants vit dans le continent sud-américain, 30 millions en Asie et autant en Afrique. Plus d'un demi-siècle après les Indépendances, les pays africains en général, et ceux de l'Afrique subsaharienne, en particulier, sont confrontés à de multiples difficultés. Face à la crise éducationnelle et sociale, l'émergence de nouveaux besoins et l'effritement des valeurs, les pays africains doivent de plus en plus, faire face à une désorganisation de la structure sociale. La croissance accélérée de la population urbaine africaine avec un taux de 4,7% en 1990-2001 et l'exode rural qui touche principalement les jeunes font que plus de la moitié de cette population urbaine est constituée de jeunes de moins de dix-huit ans.

Volonté politique

Le Burkina Faso, qui n'est pas en marge de cette réalité, est de plus en plus confronté à ce problème d'enfants vivant dans la rue. A cet effet, les statistiques actuelles et les plus récentes sur le phénomène sont celles basées sur une enquête menée par le ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale (MASSN) et l'UNICEF en mai 2002 dans les 49 communes de plein exercice. Cette enquête dénombrait 2 146 enfants de la rue, dont 525 dans la ville de Ouagadougou. Selon ces statistiques globales, 2 090 seraient des garçons et 56 des filles. Ce qui signifie d'ailleurs que le phénomène des enfants de la rue n'est pas seulement masculin. Ces statistiques sont aujourd'hui certainement dépassées, à la vue de la réalité du problème, et une autre enquête s'avère impérative pour mieux camper le phénomène et redéfinir des stratégies plus efficaces de lutte.

La problématique des enfants vivant dans la rue est inséparablement liée à un contexte macrosocial : effritement des rapports communautaires et familiaux, paupérisation accrue des populations des villes et des campagnes, insuffisance et faiblesse du cadre législatif...

La lutte contre le phénomène au Burkina se traduit par la mise en place d'institutions et de structures par l'Etat à travers le MASSN. Ce qui traduit une volonté politique du gouvernement en matière d'encadrement et de protection de l'enfance. L'existence de structures fermées (internats spécialisés), ouvertes et de semi-internats (action éducative et préventive en milieu ouvert) en est le témoignage. Cette volonté politique est renforcée par l'adoption de textes législatifs et réglementaires en matière de protection des enfants. Les autorités se sont engagées à respecter les grands principes internationaux contenus dans les différentes déclarations, et à ratifier plusieurs conventions. Il existe tout un ensemble d'instruments juridiques de protection de l'enfant au plan national et international.

"Amer constat"

Pour le cas spécifique des enfants vivant dans la rue, dès 1991, la loi n°19/61 AN relative à l'enfance délinquante ou en danger a été promulguée. Cette loi sera complétée par celle n°11/64 AN portant réglementation de la circulation des mineurs, de leur fréquentation des débits de boissons, des bars dancings, des salles de cinéma et de spectacles.

Mais le constat est amer, quant à l'application de certaines de ces dispositions. La responsabilité reste partagée entre les différents acteurs et la communauté entière.

Le phénomène des enfants vivant dans la rue, comme nous l'avons évoqué plus haut, est une réalité liée au contexte macrosocial. Ainsi, plusieurs déterminants sociaux et dynamiques sont à l'origine de la fuite des enfants de leur milieu familial et communautaire et des conséquences vécues.

Au nombre de ces facteurs déterminants, on peut évoquer :

* Les facteurs socio-familiaux qui relèvent de la dynamique familiale et communautaire : ces facteurs sociofamiliaux sont générateurs de conflits de tout ordre. On peut alors observer :

• les pratiques éducatives défaillantes (baisse de l'autorité parentale) ;

• l'émergence d'une figure d'autorité exacerbée se traduisant par le mépris et la maltraitance, l'absence de modèles, de repères identificatoires ;

• la carence affective ;

• la fragilité et l'instabilité des unions se traduisant par l'augmentation des séparations, de la divortialité, de la mono-parentalité ;

• les conflits ouverts et permanents entre parents et entre parents et enfants ;

• le rejet et la stigmatisation (orphelin, enfant porte-malheur, enfant sorcier...) ;

• la maltraitance et l'exploitation de certains astreints à des tâches purement domestiques ;

• le confiage.

* Les facteurs économiques

Bon nombre d'enfants ont quitté leur famille et leur communauté à cause de la précarité de la vie. Confrontés à l'absence de revenus, les enfants vont partir de leur propre chef ou encouragés par leurs propres parents, avec l'espoir de trouver du travail en ville.

* Les facteurs culturels

L'un des facteurs culturels qui amène les enfants à la rue est le phénomène de migration. C'est un phénomène profondément enraciné dans les traditions du pays, et dont les origines remontent à l'époque coloniale. Cette migration était de type "rural-rural" avec la recherche de meilleures terres et de pâturages, l'attrait exercé par la ville. Les enfants reproduisaient le parcours de leur père ou de leurs aînés revenus au village avec des signes extérieurs de réussite. Cette pratique traditionnelle n'a pas pu résister aux mutations sociales.

Enfant "porte-malheur"

En plus de ce facteur, on peut citer la faiblesse de la solidarité et l'émergence de l'individualisme précoce ou de circonstance, les croyances et attitudes stigmatisantes à l'endroit d'un enfant ayant déjà fait la rue, d'un enfant dit "porte-malheur", de l'orphelin, de l'incestueux..., la disparité des réalités ville/ campagne ; tous les enfants perçoivent la ville (surtout les villes de Ouaga et de Bobo) comme un eldorado, un lieu de modernisme et de consommation spécifique et valorisante qu'on ne trouve pas dans leur campagne.

* Les facteurs religieux

C'est notamment l'école coranique et la mendicité qui contribuent à aggraver le phénomène des enfants de la rue. L'école coranique et le système qu'elle entretient encouragent le contact permanent des talibé avec les enfants de la rue. Cela crée un effet d'entraînement. Aussi, les conditions difficiles de vie et d'existence au sein de nombreuses écoles coraniques entraînent la fuite de nombre d'enfants vers la rue. L'enquête de 2002 prouve que 44% des enfants de la rue recensés proviennent des écoles coraniques.

Mais comment se manifeste le phénomène, et quelles peuvent être ses réelles conséquences sur le plan social ?

"La rue, lieu de vie"

Agé pour la plupart de 7 à 18 ans - mais le groupe des enfants âgés de 5 à 7 ans croît considérablement -, les enfants vivant dans la rue rencontrent des dangers et des dérives qui leurs sont souvent fatals. Ils sont meurtris par les intempéries, les privations, le dénuement, les maladies, les accidents et l'indifférence. A cela s'ajoutent la précarité, la violence, les sévices sexuels, la loi du plus fort, qui les exposent aux rencontres et influences les plus nuisibles. Tous sont très exposés aux risques : violence et abus sexuels, négligence, manque de soins de santé, manque de possibilités d'instruction et de formation professionnelle. La consommation de drogues (en particulier la colle), la petite délinquance et la prostitution aggravent encore l'état de santé mentale et physique de beaucoup de ces enfants, les marginalisent et réduisent leurs chances pour l'avenir.

La rue devient, pour beaucoup d'enfants, un lieu de vie. Nombre d'entre eux exercent une activité laborieuse : faiseurs de poubelles, mendiants, prostitués, porteurs, collecteurs d'objets divers, employés de ménage, gardiens et laveurs de véhicules, cireurs, vendeurs de produits divers, voleurs... Certains font même carrière dans le vol. Ces pratiques sont presque les mêmes sur tous les continents. Il s'agit en fait d'une incessante quête quotidienne pour trouver de quoi subsister non seulement pour eux-mêmes, mais aussi, le cas échéant, pour leur famille.

Beaucoup d'autres activités et pratiques sont entretenues dans la rue. La consommation des stupéfiants et de la drogue font partie de leur de vie. Les enfants vont essayer de recréer un espace de vie à l'image de la famille. Cette sorte de société marginale comporte une structure et une organisation avec des normes et des valeurs (règles, obligations, langage propre, initiation). Cette constante réalité conduit à la systématisation d'un mode de vie de la rue que nous pouvons qualifier de "sous-culture de la rue". Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il se dégage de cet espace une sorte de hiérarchisation des rapports sociaux, mais la cohésion et la solidarité de groupe restent une valeur déterminante.

De par ce mode de vie, les enfants vivant dans la rue deviennent victimes de stigmatisation et de rejet non seulement de la part des populations qu'ils côtoient tous les jours, mais aussi de la part même de leurs parents et de leur communauté d'origine. Il subsiste une tendance négative à souligner le côté délinquant des enfants vivant dans la rue plutôt qu'à essayer de les accepter dans leur situation et les aider à sortir de leur précarité. Etiquetés comme voleurs, drogués ils deviennent un "objet" sur lequel on a jeté l'anathème. Cette contrainte sociale les pousse malheureusement vers une certaine adaptation sociale qui qualifie davantage leur identité (marginale).

Les pratiques sexuelles dévalorisantes sont très présentes dans cet espace social. Les enfants se sodomisent entre eux, notamment avec les plus grands qui abusent des plus petits. En plus de cela, les enfants vivant dans la rue ont pris l'habitude de fréquenter les vendeuses de sexe. Il y a aussi la pratique de la pédophilie, de plus en plus développée dans ce milieu. Les enfants sont généralement séduits par de grandes et respectables personnes (souvent des étrangers) à travers de ''maigres billets craquants''. Etant dans le besoin et en quête permanente d'argent, ils se laissent aller à la sodomie. Cette sexualité désordonnée et précoce cause des risques élevés de troubles de comportement et de contraction de maladies comme les MST et le VIH/IST Sida.

Rassemblement en groupes ou en gangs

En plus de ces éléments sus-cités, on pourrait ajouter que les enfants vivant dans la rue sont des candidats potentiels au trafic, donc astreints à la traite et à l'exploitation. En quête de survie, ils sont désormais prêts à tout. Ce sont de grands aventuriers ayant le goût du risque car, face à leur dure situation, et du fait de la stigmatisation sociale dont ils sont objet, ils n'ont plus peur de ''mourir''. La perception négative de l'image d'"enfant de la rue", "voleur et drogué", "bon à rien", etc., l'amène à forger et à intérioriser une image négativiste de son être et de la société entière. Il poursuivra sa "carrière" autrement ...

Le mode de vie de ces enfants et la forte stigmatisation conduisent à une double victimisation et créent une forte dépendance de ces derniers vis-à-vis de la rue, rendant ainsi difficile tout travail de réinsertion sociale.

Le renforcement de la "sous-culture" marginale croît le risque de constitution de la grande délinquance. Une des caractéristiques des enfants vivant dans la rue est leur rassemblement en bandes, en groupes ou en gangs qui comptent en général entre 10 et 20 membres mais qui peuvent atteindre 50 ou 100 enfants. Au Burkina Faso, nous ne vivons pas encore dans un contexte de gangs d'enfants ; ils sont plutôt organisés en groupes ou en bandes plus ou moins perméables et dynamiques. Dans certains pays, ces bandes deviennent véritable fléau. Libérés de toutes contraintes sociales, rejetant les lois et les institutions, elles ont leur langage, leur code, leur territoire, leur organisation et vivent principalement de vols, de cambriolages et d'agressions. Mais le risque le plus grand pour ces enfants est de se faire enrôler dans un véritable gang criminel qui va les utiliser pour le trafic de drogue, la mendicité, le vol, les agressions armées et quantités d'autres activités illégales.

Des exemples plus près de nous en sont si illustratifs : en Europe de l'Est, l'utilisation des enfants de la rue est devenue un phénomène très préoccupant depuis l'éclatement de l'empire soviétique. Les délinquants louent les services des enfants pour écouler des marchandises volées, vendre de la drogue et des armes. Entre 1990 et 1995 le nombre de délinquants âgés de 12 à 15 ans a augmenté de 55% en Russie (source : Office central des statistiques). De jeunes adolescents russes jouent un rôle actif, moyennant finances, dans les nouvelles formes de criminalité telles que le racket ou les enlèvements d'enfants. Les autorités russes prévoient que l'embrigadement des enfants et jeunes adolescents dans le milieu du crime organisé et de la mafia va augmenter de manière considérable dans les prochaines années. Ils seraient près d'1 million dans la rue aujourd'hui (chiffre 2005 - source : Procureur général de Russie).

En Italie, la Camora napolitaine, la Mafia sicilienne se servent de milliers d'enfants pour assumer un très grand nombre de tâches, telles que la surveillance, l'acheminement de messages, la vente de cigarettes, et même pour accomplir des crimes. En Sicile, on appelle ces enfants tueurs les "Baby killer".

Des faits qui parlent d'eux-mêmes sous d'autres cieux

Aux Etats-Unis, les armes à feu sont la première cause de mortalité chez les enfants et les adolescents masculins. Toutes les deux heures, un enfant est tué par balle. Pas étonnant, dans un pays qui compte 200 millions d'armes en circulation et qui relève 25 000 homicides (meurtres) par an. Un sénateur américain, qui se bat contre la prolifération des armes, relevait récemment que son pays compte 31 fois plus de vendeurs d'armes que de restaurants Mac Donald. Il ne faut donc pas être surpris de constater que des gosses de 10 ou 11 ans, appartenant à des gangs de rue, soient armés jusqu'aux dents. En 1996, plus de 6 000 élèves ont été expulsés de leur établissement scolaire pour avoir tenté d'y introduire une arme à feu. Certaines écoles ont même installé des détecteurs de métaux à leur entrée. De récentes affaires ont défrayé la chronique : des adolescents avaient ouvert le feu sur des camarades. En 1999, on a dénombré 68 meurtres par arme à feu dans les écoles américaines.

Tout ceci n'est pas loin de nous. C'est une question de temps et de processus. Mais nous ne disons pas que cela est inéluctable. Cependant, suivant l'évolution des choses et la "planétarisation des rapports sociaux", nous risquons de parvenir à une telle situation de menace sociale.

L'analyse nécessaire de certaines préoccupations

Face à la réalité du phénomène et des résultats mitigés de l'intervention et de la mutation du phénomène ces dernières années, il est impératif de repenser les fondements du travail social dans notre pays. Car le travail social est toujours profondément basé sur une logique ecclésiastique, la volonté de sauver ou de porter secours, en omettant qu'il requiert une compétence, une technique et un savoir-faire professionnel . Pour ce faire, l'analyse d'un certain nombre de préoccupations est nécessaire :

• la formation des agents et acteurs dans le domaine de l'accompagnement des enfants de la rue ;

• la concertation entre toutes les structures de prise en charge des enfants de la rue. Une telle concertation permettrait d'être plus efficace et rendrait l'action plus efficiente : anéantissement de l'errance et de la manipulation des jeunes, maîtrise des mouvements d'enfants, maîtrise des statistiques, anéantissement des prestations éducatives répétées sur les mêmes enfants, contrôle des retours en famille et du suivi, meilleures répartition et utilisation des compétences spécifiques, programme conjoint de sorties nocturnes et diurnes (par les structures d'encadrement) ;

• la collaboration étroite entre les travailleurs sociaux et les autres acteurs : police, gendarmerie, justice... ;

• la mise en place d'une banque de données sur les enfants de la rue ;

• les rencontres périodiques d'analyse des pratiques éducatives entre les différents acteurs ;

• la définition d'une stratégie commune d'intervention et d'indicateurs de résultats et de suivi-évaluation ;

• les bonnes définition et conduite des projets de vie des enfants ;

• l'assignation par le MASSN à toutes les structures de prise en charge (publiques et privées) d'un cahier des charges contenant les normes de la prise en charge des enfants de la rue ;

• la dynamisation d'un programme d'action rapide qui consiste à identifier les enfants nouvellement arrivés dans la rue, et à engager des actions immédiates de retrait et de réinsertion.

La lutte contre la problématique des enfants de la rue aujourd'hui commande la prise en compte et l'analyse profonde de plusieurs problématiques émergentes : la fragilisation profonde des capacités et compétences des familles et de la communauté, la précocité de l'âge d'entrée dans la rue, l'enracinement des enfants dans la rue, le trafic d'enfants, la multiplication de l'aide aux enfants et le "shoping" institutionnel des enfants que celle-ci crée.

Face à ces problématiques qui défient l'efficience des actions de réinsertion, il est incontournable que l'appréhension des stratégies de lutte contre le phénomène des enfants de la rue se base sur des alternatives nouvelles. Nous aimerions alors contribuer à engager une réflexion plus poussée sur les éléments dynamiques de la réalité sociale du phénomène aujourd'hui car, comme le soutient Pierre Bourdieu, éminent sociologue français, la connaissance des réalités porte au réalisme.

Naba Jérémie Wangré,
Sociologue

Tél. : 70-24-81-45
Courriel : wangnaje@yahoo.fr
initiatives_aiem@yahoo.fr

Le Pays

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Dimanche 3 décembre 2006 7 03 /12 /2006 10:11

L'exposition des photographies prises par Carl Cordonnier au cours d'"itinérance" 2006.


 

 

 

 

Une foule nombreuse se pressait dans la salle de théatre, transformée pour un soir en salle d'exposition.

 

Les photographies de Carl Cordonnier, très bien mises en valeur par un jeu de projecteurs habilement installés, permirent au plus grand nombre de constater du "avant", "pendant" et "après"  à tout jamais mémorisé sur ces photos de grand qualité. 

L'exposition dans cette salle transformée pour l'occasion par un vrai travail de "pro" n'a rien à envier à d'autres expositions commerciales, laisse augurer de nombreuses autres manifestations de ce type.

Que tous les "artisans" de cette réussite soient remerciés.

Eric Legros

 


 

Ces quelques photos prises par Eric Laplace vous permettront de vous remémorer cette brillante soirée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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Lundi 4 décembre 2006 1 04 /12 /2006 17:28

Animations

Des jongleurs, des cracheurs de feu, des sculpteurs, des spectacles, des musiciens et des exposants dans la vieille ville avec dégustations de pudding, de pain d’épices… etc..etc..

A BOULOGNE sur MER

Les Samedi 9 et dimanche 10 décembre 2006

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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /2006 17:30

   URGENT    

Confirmation de la venue de Luc Crochet -stop-

lundi 11 décembre -stop- 19h café théâtre 

ferme de Bertinghen -stop- rencontre prévue

des enfants du centre de jour dans l’après midi -stop-

Serge Ternisien


 

 

   

Petits objets et rêves d’étoiles

 Spectacle labellisé "AMP 2005" Année Mondiale de la Physique

 




 

 

 

Durée: 30 minutes      

LE CONTENU

 

 

 

Présenter de façon poétique et ludique le cycle de vie des étoiles, et cela en 3 étapes :   à l'œil…….. nu,………à la longue……. vue, ……. à perte…… de vue.  

Le "chercheur" s'adresse au public, lui pose des questions, répond aux remarques ou aux questions qu'il croit qu'on lui pose. 

 

PAROLES DU PUBLIC

d’adultes à la Cité des Sciences :

C’est émouvant la fin.

Bravo.

Vous êtes comédien ou astronome.

C’est génial ce que vous faites avec si peu de moyens, mon mari est astronome,

Il a trouvé ça bien.

C’était très bien et en plus ça plaît aux grands.

J’ai reconnu un cuiseur à vapeur, avec rien on a rêvé.

d'enfants:

Monsieur vous avez une étoile cachée sous votre veste.

« Monsieur, une étoile quand ça meurt, ça renaît ?

Euh non ! Mais l’étoile devient poussière et il se reforme une autre étoile.

Ah oui, tu as raison. »

C’est génial.

Merci.

Monsieur il veut vous parler « j’ai un télescope » 

écrites à l’école primaire Jean Jaurès de Villiers sur Marne, cm1 et cm2

Après les répétitions publiques.

…J’ai trouvé que le spectacle était bien et je trouvais ça intéressant. C’était marrant

…Parfois je ne comprenais pas ce que le monsieur disait. J’espère que le monsieur réussira à la Cité des enfants.

j’aimais moins quand il parlait de l’étoile de la vieillesse mais j’aimais quand il parlait des galaxies, du système solaire. C’était très amusant comment il expliquait les choses.    

Monsieur, j’ai beaucoup aimé votre spectacle rigolo, amusant et instructif.

Votre mise en scène est super, vous bougez, vous ne restez pas figé comme une personne qui dans une scène raconte une histoire et ne bouge pas.

Plus tard j’aimerais être une actrice, bon courage pour la suite. En dehors de l’école je fais du théâtre.   Marion

 

                                              PRESSE

 

 

"Toute l'équipe d'animation s'est enthousiasmée devant la richesse et la poésie du spectacle"                          

Cité des Sciences-Cité des enfants 2003

 

"Toute l'équipe vous remercie pour les très belles représentations…" Centre Atlas Ville de Saint Ouen 2003

"Petits objets et rêves d'étoiles pour le plaisir des enfants et des adultes"

Les Festiciels  Vaulx en Velin  2004

EXTRAITS DU SPECTACLE

….vous n’êtes pas tombé dans le piège, moi je l’ai fait rouge (le soleil) mais c’est mon imagination, c’est pour faire jolie, dans la réalité il est jaune, en pleine force de l’âge,…

 

à l’œil nu, dans un ciel de nuit, en pleine montagne, en pleine mer, en pleine campagne il suffit de relier les étoiles par une ligne imaginaire pour créer des formes, des objets, des personnages….  

 

 

 

…..la constellation de la …...Flèche, suivez la flèche, atteindre sa cible,

la constellation de la…..Fleur , pour regarder, pour offrir,…

…..Pluton, 5 milliards 900 millions de km,……….. ça vous paraît loin mais ça fait

même pas, même pas, pour vous dire si nous partions maintenant…. 

…..moi, ce qui m’intéresse ce n'est pas 10, 20, 30, 40,………années lumières

moi ce qui m’intéresse c’est de sortir de la Voie Lactée pour aller voir…  

…..tout commence ici,…. de rien, du vide quantique, cosmique,….. arrive du gaz,

de la poussière inter galactique,…un petit coup d’accélérateur……..de particules…ça chauffe,  ça fusionne….

….des centaines de millions d'années plus tard ça devrait donner ça, enfin si tout

se passe comme prévu, sans choc, sans collision….

que non, toutes les galaxies n’ont pas la même forme, je vous ai apporté différents

modèles: voici le dernier modèle connu à ce jour, découvert il y a peu de temps, la galaxie en forme d’anneau, au planétarium on vous le confirmera….

voici la Voie Lactée , le cœur est là, nous nous sommes là, et en ce moment on fait ça dans l’Univers…………. on se déplace avec les galaxies voisines, locales, de proximité, …

je vous rassure, dans l'univers rien ne se perd, tout se transforme, chaque jour s’en…

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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /2006 18:15

Reportage photographique de la soirée

sur le blog de Wimille...

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Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /2007 16:38

D'un clic, sur le blog de Wimille, allez admirer les magnifiques photos de la soirée du 22 décembre 2006

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Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /2007 22:39

  L'apparition des premiers australopithèques, considérés comme les premiers hominidés, se situe il y a environ 5 000 000 d’années.

On estime que l'âge de l'Univers est compris entre quinze et vingt milliards d'années. Notre espèce humaine qui vit donc ses balbutiements restera toujours très jeune par rapport au Big Bang [1]  initial.

Deux millions d’années passèrent pour qu’au paléolithique, les hominidés découvrissent et développassent les premiers outils de pierre.

La conscience d’être et de savoir apparaît.

Prés de huit cent mille ans plus tard, l’Homo habilis apparaissait en Afrique de l’est et du sud et l’Homo erectus, trois cent mille ans plus tard, lui, partira peupler l’Asie et l’Europe.

Il y a 1 800 000 ans, l’Homo habilis se mit à travailler les galets et cent mille ans plus tard, il pensa que transformer les os en outils ne serait pas une mauvaise idée. Mais la nature refroidit alors les ardeurs de ces nouveaux habitants et les grandes glaciations débutèrent il y a 1 200 000 ans, repoussant les humains vers des zones tempérées puisque les hominidés ne maîtrisèrent le feu qu’il y a 500 000 ans.

L’Homo sapiens n’apparut qu’il y a 200 000 ans en Afrique, puis mettra plus de cent mille ans à envoyer ses congénères en Europe et en Chine. Il y a environ 65 000 ans, le continent américain est peuplé par des populations d’Homo erectus qui arrivent d’Asie par le détroit de Béring et l’émigration durera pendant prés de quarante mille ans.

 

Enfin, il y a 40 000 ans, l’Homo sapiens sapiens s’installe sur tous les continents.

 


 

[1]   Big Bang : explosion initiale, survenue il y a une quinzaine de milliards d’années dans un Univers alors extrêmement dense et chaud, est à l’origine de l’expansion et de la structure de l’Univers tel qu’il est observé aujourd’hui. La théorie du big bang est donc un modèle évolutif qui s’oppose aux modèles cosmologiques statiques et quasi stationnaires.


 


 

 

La terre... depuis 4.5 milliards d'années et les origines de la vie
 

Les origines de la vie
Remise en question de la datation

Un récent colloque organisé par France Westall et le CNRS d'Orléans devait faire le point sur la recherche des origines de la vie.
Des divergences sont apparue sur l'age des premières traces de vie.
Mar Van Zuilen (chercheur néerlandais) a remis en cause les mesures de datation au carbone 14. Il arrive à la conclusion que les premiers traces de vie datent de -2.5 milliards d'années au lieu de - 3.8.
Wladislaw Altermann (CNRS d'Orléans) a lui étudié plus précisément les premiers fossiles trouvés en 1993 par William Schopf. Il estime qu'il n'est pas actuellement possible de déterminer si ces premières traces sont des organismes fossilisés ou simplement des artefacts géologiques.
Source (avril 2004) : Sciences et avenir (gratuit) et figaro.fr (payant)

L'histoire de la terre et de la vie...

Pour situer l’évolution de l’homme dans son contexte, il apparaît important de présenter d’abord l’échelle du temps par rapport à celle de la Terre
(voir aussi les Méthodes de datation absolue et relative)

Le Big Bang
Tout d'abord le Big Bang, puis la formation de la Terre il y a 4.5 milliards d'années. Pas de vie, mais une intense activité sismique et vulcanologique. La terre n'est pas très... accueillante !
La vie...
La "vie" apparaît vers - 3.8 milliards d'années : de simples cellules d'organismes procaryotiques, les bactéries. Leurs descendantes sont toujours parmis nous... et on peut dire qu'elles sont vraiment les plus vieilles habitantes de notre planète !
De cette époque jusqu'à - 2 milliards d'années... il n'y a pas de trace d'évolution. Puis apparaît la cellule eucaryote avec un noyau.
Avril 2004 voir encadré au dessus.
La vie... grouillante
Vers - 555 millions d'années la taille des organismes augmente. D'une cellule on passe à plusieurs...On assiste à une véritable explosion de diversité : méduses, algues, éponges...
Le rythme s'accélère : 20 millions d'années plus tard certains organismes fabriquent déjà des coquilles et on commence à trouver des invertébrés marins... La vie prend des formes dignes de films fantastiques. La faune de Burgess est l'exemple le plus représentatif.

La vie... sort de l'eau
Les premiers restes de plantes et d'animaux terrestres remontent à environ -410 millions d'années. Pour les plantes on fait dans la simplicité (pas de racine) et on reste proche de l'eau.
Pour les animaux... acariens, insectes et ancêtres des scorpions sont les maîtres sur terre...

Les premiers mammifères
C'est à partir des reptiles qu'émerge la branche des mammifères, vers - 200 millions d'années. Les caractéristiques principales sont le sang chaud et les poils (on est peu de choses !)...
Catastrophes en série
Vers - 250 millions d'années, une baisse du niveau des eaux et une énorme explosion volcanique vont provoquer une extinction en masse de nombreuses espèces. Les océans se vident, et seuls quelques reptiles mammaliens survivent...
Les sauropsides
Eh oui.. voilà enfin le temps des dinosaures... qui vont dominer la Terre jusqu'à - 65 millions d'années... Il occupent le terrain avec les crocodiles, les serpents et les lézards...
Mais une intense activité volcanique et une météorite qui heurte la Terre vont avoir raison des dinosaures géants et d'un grand nombres d'espèces...

Le retour des mammifères
Profitant de ce vide écologique, les mammifères vont prendre possession du terrain en 10 millions d'années...
C'est vers - 55 millions d'années que nous allons retrouvrer les premières traces de primates...


Et l'homme dans tout ça ???
Eh bien l'homme, il prend son temps... et les premiers hominidés ne datent que de - 6 millions d'années...c'est le petit trait rouge à droite sur le graphique en haut de page... et encore, pour qu'il soit visible, le trait est grossi...


A noter, la récente découverte de Toumaï repousse les premiers hominidés à - 7 millions d'années !

 

 

 

 

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